MaPrimeRénov' : quels travaux sont aidés en 2026 ?

Façade d'immeuble en chantier couverte de panneaux d'isolant fixés par chevilles, fenêtres encore sous film

La chaudière au gaz a 22 ans, le chauffagiste parle de pompe à chaleur et un voisin assure que « l'État paie l'isolation des combles ». En métropole, à la mi-octobre 2026, MaPrimeRénov' finance, pour un logement, deux choses : une rénovation d'ampleur, qui fait gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique (DPE) d'un logement classé E, F ou G, ou, par geste, essentiellement une pompe à chaleur. Le voisin avait raison jusqu'à la fin de l'été : depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov' ne finance plus l'isolation des combles faite seule. Les parties communes d'une copropriété relèvent d'une troisième aide, MaPrimeRénov' Copropriété, qui sort du sujet de cet article.

Quels travaux MaPrimeRénov' finance-t-elle en 2026 ?

L'aide est versée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et passe par deux parcours qui n'ont presque rien en commun. Le premier, la rénovation d'ampleur, finance un bouquet de travaux sur un logement énergivore, avec un accompagnement obligatoire. Le second, le parcours par geste, finance un équipement isolé. La page de France Rénov' consacrée au parcours par geste est désormais brève : « MaPrimeRénov' permet de financer l'installation d'une pompe à chaleur air/eau ou géothermique », et elle n'est ouverte qu'aux revenus très modestes, modestes ou intermédiaires.

Dans les deux cas, le logement doit être une résidence principale, construite en principe depuis au moins 15 ans, et l'aide est réservée aux propriétaires, qu'ils l'occupent ou la louent, ainsi qu'aux titulaires d'un droit réel comme l'usufruitier. Un acheteur, lui, peut déposer sa demande dès la signature du compromis de vente, puis fournir le justificatif de propriété pour être payé, précise la fiche MaPrimeRénov' de Service Public.

Rénovation d'ampleur : les conditions pour un logement classé E, F ou G

Ce parcours vise les passoires thermiques et les logements à peine meilleurs. Le projet doit cocher toutes ces cases :

  • un DPE classé E, F ou G avant travaux, et un audit énergétique avant et après pour prouver le gain ;
  • un gain d'au moins deux classes (de F à D, par exemple), en une ou deux étapes ;
  • au moins deux postes d'isolation parmi les murs, les planchers bas, la toiture et les fenêtres, chacun portant sur au moins 25 % du logement ;
  • un rendez-vous préalable avec un conseiller France Rénov', puis le suivi de Mon Accompagnateur Rénov', le professionnel qui élabore le scénario de travaux, aide au dossier et suit le chantier ;
  • depuis le 1er septembre 2026, aucune pompe à chaleur hybride avec appoint au gaz ou au fioul et, dans une maison individuelle, aucun chauffage au gaz conservé après les travaux.

Ce dernier point est le plus récent. L'Anah l'a annoncé dans sa note sur le plan « Électrifions la France ! » : un dossier qui prévoit de garder ou de remplacer une chaudière au gaz n'est plus aidé, comme le fioul avant lui. Les maisons déjà chauffées sans énergie fossile restent éligibles aux conditions habituelles. L'engagement court ensuite plusieurs années : 3 ans d'occupation pour le propriétaire qui y vit, 6 ans de location pour le bailleur. Pour un bailleur, ces travaux peuvent aussi décider si le logement reste louable : le calendrier d'interdiction de louer les logements classés G, puis F fixe l'échéance à viser.

Combien rapporte une rénovation d'ampleur selon vos revenus ?

La prime est un pourcentage du coût hors taxes des travaux. Selon Service Public, il atteint 80 % pour les ménages aux revenus très modestes (catégorie dite Bleu), 60 % pour les revenus modestes (Jaune), 45 % pour les intermédiaires (Violet) et 10 % pour les revenus supérieurs (Rose). La dépense prise en compte est plafonnée à 30 000 € HT pour un gain de deux classes, 40 000 € HT à partir de trois.

Un cas inventé pour le calcul : un couple hors Île-de-France, revenu fiscal de référence de 30 000 € en 2025, donc dans la catégorie Jaune (plafond de 32 553 € pour deux personnes sur le barème de France Rénov'). Il engage 36 000 € HT de travaux pour passer de F à D. La prime se calcule sur 30 000 €, soit 18 000 €. Toutes aides confondues, il ne pourra pas dépasser 90 % du montant TTC des travaux : au moins 10 % restent à sa charge, plus la part de l'accompagnement non prise en charge (80 % de la prestation est financée pour cette catégorie, dans la limite de 2 000 €). Si ce reste à charge passe par un prêt, éco-prêt à taux zéro compris, sa mensualité entrera dans le calcul de votre taux d'endettement.

Que reste-t-il du parcours par geste en 2026 ?

Depuis le 1er septembre 2026, le parcours par geste ne finance plus en métropole l'isolation (combles, rampants, toitures terrasses), la ventilation, les appareils de chauffage indépendants au bois ou aux granulés ni le solaire thermique, d'après l'actualité de Service Public sur les travaux exclus, qui renvoie au décret du 25 août 2026. Pour la pompe à chaleur, l'aide est un forfait qui dépend de vos revenus et du type d'appareil, air/eau ou géothermique ; le simulateur de France Rénov' donne le montant à jour. Le logement doit en principe avoir 15 ans, mais 2 ans suffisent pour remplacer un chauffage au fioul selon France Rénov', et pour toute pompe à chaleur selon la fiche Service Public. Les travaux doivent être achevés dans les 2 ans suivant la décision d'octroi.

Pour le reste, les sources officielles ne disent pas tout à fait la même chose. La fiche Service Public, vérifiée le 1er septembre 2026, garde l'audit énergétique, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d'une cuve à fioul. La page de France Rénov', elle, ne mentionne plus que la pompe à chaleur. Et le 14 octobre 2026, le conseil d'administration de l'Anah a pris acte d'évolutions du parcours par geste au 1er septembre et au 1er octobre, avec un transfert des financements vers les certificats d'économies d'énergie (CEE), les primes versées par les fournisseurs d'énergie. Si votre projet repose sur l'un de ces trois gestes, faites confirmer son éligibilité par un conseiller France Rénov' avant de signer quoi que ce soit.

Unité extérieure d'une pompe à chaleur posée sur la pelouse, au pied du mur crépi d'une maison
Seul équipement que la page de France Rénov' cite pour le parcours par geste : la pompe à chaleur air/eau ou géothermique.

Pompe à chaleur : MaPrimeRénov' ou la nouvelle offre intégrée ?

Depuis le 1er octobre 2026, une autre voie existe pour les propriétaires d'une maison individuelle aux revenus modestes ou très modestes qui quittent le gaz ou le fioul. Cette offre intégrée pour les pompes à chaleur regroupe une pompe à chaleur air/eau, l'électricité à prix fixe pendant 3 ans, la maintenance et un financement du reste à charge en mensualités. La mensualité totale ne doit pas dépasser votre dépense d'énergie d'avant travaux.

Le point qui oblige à choisir : cette offre n'est pas cumulable avec MaPrimeRénov', et elle est fermée si vous avez déjà déposé une demande à l'Anah pour les mêmes travaux. Avant tout dépôt de dossier, je mettrais les deux chiffrages côte à côte, reste à charge et durée d'engagement compris, puisque le premier dépôt ferme l'autre porte.

Dans quel ordre déposer, signer et lancer les travaux ?

Depuis le 17 août 2026, la demande se fait depuis un compte personnel sur france-renov.gouv.fr, annonce l'Anah, un compte que vous seul pouvez créer ; vous pouvez ensuite désigner un mandataire. Le devis vient d'abord, sans être signé : il doit mentionner la nature et le lieu des travaux, et la date de la visite préalable du chantier quand l'artisan doit être RGE. Vous déposez ensuite le dossier. Les travaux ne peuvent commencer qu'après l'accusé de réception, mais Service Public demande de signer le devis une fois l'attribution confirmée : c'est cette confirmation que j'attendrais avant de m'engager.

Cet accusé de réception ne vaut pas accord : l'Anah décide dans la limite des autorisations d'engagement inscrites chaque année à son budget. La prime est versée en une fois, après les travaux, et c'est seulement ensuite que vous réglez le professionnel ; en parcours par geste, les ménages aux revenus très modestes peuvent demander une avance, dans la limite de 50 % de la prime prévue.

Une question reste hors du dossier MaPrimeRénov' : votre projet a-t-il besoin d'une autorisation de la mairie ? Si la rénovation s'accompagne d'un agrandissement, les seuils de 20 et 40 m² qui séparent la déclaration préalable du permis sont expliqués dans notre article faut-il un permis de construire pour une extension ?

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